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Avril 2026 : Décrypter Les Rouages Et Les Dangers Des Addictions & RÉGÉNÈRE Forme Ses « Ambassadeurs Santé » à Valenciennes.

11 avril 2026

Présentation de l'action


Le 09 avril 2026, dans le cadre de la formation « Ambassadeurs Santé » proposée et financée par RÉGÉNÈRE, les mécanismes et les dangers des addictions ont été décortiqués pour que chaque entreprise puisse former à minima un représentant de son collectif.

Dans le cadre structurant de l’Espace Emera, rue Henri Dunant à Valenciennes, les mécanismes qui nous lient à nos dépendances, qu’elles soient chimiques ou numériques, ont été déconstruits.

Retour sur quelques points clés.

Comprendre Pour Mieux Agir

La prévention commence par la maîtrise des mots car il faut définir pour mieux comprendre.

L’addiction est souvent mal comprise : ce n’est ni un simple manque de volonté, ni juste un « trop-plein » de plaisir.

Scientifiquement, on la définit comme une pathologie cérébrale chronique. Elle se caractérise par une recherche compulsive de stimuli (substances ou comportements), malgré la connaissance de leurs conséquences négatives.

Pour faire simple, c’est le moment où l’envie et/ou le manque deviennent un besoin et où la liberté de s’arrêter disparaît.

La toxicomanie est la rencontre d’un individu avec un produit dans un moment socioculturel particulier.

Par produit, il faut entendre substances licites et illicites.

Par individu, il faut entendre un adulte et/ou un adolescent (l’adolescence est clairement une période à risques).

Quand on évoque le moment socioculturel particulier, on évoque le contexte de la prise qu’il faut nécessairement connaître si l’on veut accompagner une personne.

Un produit stupéfiant est une drogue qui agit sur le cerveau par l’intermédiaire d’un produit psychoactif qui modifie le comportement, l’activité mentale et les sensations.

  Une drogue peut être définie comme étant un produit naturel ou synthétique dont l’usage peut être légal ou non, consommé en vue de modifier l’état de conscience et ayant un potentiel d’usage nocif, d’abus ou de dépendance.

Produits Licites vs Produits Illicites

Les drogues sont en général classées en produits licites et illicites.

Une première distinction concerne la possibilité de se procurer légalement ces substances comme c’est le cas pour le tabac, l’alcool et les médicaments ayant des effets psychoactifs.

L’usage de ces substances réglementées peut cependant devenir illicite dans certaines circonstances (conduite automobile au-delà d’un seuil pour l’alcool, consommation dans certains lieux publics pour le tabac, usage hors prescription pour les médicaments).

Les produits illicites sont généralement évoqués dans le cadre d’une classification tripartite distinguant les effets sur le cerveau.

Les perturbateurs sont des substances qui désorganisent l’activité du système nerveux et provoquent des altérations de la perception visuelle, temporelle et spatiale : cannabis, LSD 25, LSA, phencyclidine, champignons hallucinogènes, inhalants (colles, solvants, benzine, chlore, détachants …).

Les dépresseurs sont des substances qui ralentissent et dépriment l’activité du système nerveux central : pavot, opium, morphine, héroïne, médicaments à base d’opium (Laudanum, Codéine …), médicaments morphiniques (Dolosal, Palfium, Foetal, Temgésic), barbituriques (Gardénal …), benzodiazépines (Halcion, Valium, Témesta, Equanil).

Les stimulants, à l’inverse des dépresseurs, sont des substances qui accroissent et accélèrent l’activité du système nerveux central. Les plus connues sont : la cocaïne, le crack, le khat, les amphétamines, le MDA, la MDMA ou ecstasy, l’ice, la kétamine, le datura, l’alcool et le tabac.

Les Piliers Du Risque : Quand La Confiance, La Familiarité, La Composition et Les Fréquentations deviennent un piège

Quatre leviers de risque méconnus ont été évoqués pour être mieux décryptés :

1. La Dépendance

Ce n’est pas qu’une question de volonté ou de symptômes physiques. C’est plutôt un ensemble de situations résultant d’une consommation qui finit par dicter chaque aspect de la vie quotidienne.

2. La Familiarité : le cheval de Troie

Contrairement aux idées reçues, le danger vient rarement d’un inconnu.

La réalité des premiers usages de drogue peut être différente des cas stéréotypés car souvent, l’intermédiaire entre un produit illicite et un consommateur, présentera des traits familiers et rassurants. Ceux d’une personne amie, des copains, n’autorisent pas la même réaction de méfiance. 

  L’aspect et le mode de consommation paraîtront eux aussi familiers. Un joint de cannabis ressemble par exemple à une cigarette de tabac et se fume comme elle. Un comprimé d’ecstasy se présente comme un comprimé d’aspirine et s’avale de la même façon. Cette familiarité n’invite pas à la méfiance car la majorité des usagers n’imaginent pas se droguer, jusqu’à ce qu’on leur explique …

  Le langage employé peut séduire et attirer. Un jeune, s’il se voyait proposer du delta 9 tétrahydrocannabinol ou une amphétamine de type MDMA trouverait peut-être matière à suspicion. Mais le teuch, le pétard, un oinj, un trois feuilles, un bonbon, une pilule d’amour agrémentée de dessins attractifs, un taz … lui permettra de décoder positivement.

3. Composition : « Surdose » et non overdose

On parle souvent d’overdose (trop de quantité) alors qu’il faut parler de surdose.

Dans bien des cas, on ne réagit pas au volume ingéré, mais à une qualité incertaine.

4. Fréquentations

Un consommateur fréquentera d’autres usagers et verra sa consommation mécaniquement augmenter. Cet entourage peut aussi constituer une porte d’entrée vers d’autres produits.

Le Problème De l’Addiction

Le problème de l’addiction c’est la dépendance car la dépendance c’est un problème de dérèglements.

L’ingestion de drogues provoquent une série de dérèglements cérébraux qui interagissent entre eux. Outre la sécrétion accrue de dopamine qui engendre un bien être passager en activant le circuit de la récompense, des déséquilibres plus ou moins durables s’installent en favorisant la dépendance.

 ➔ Au niveau des glandes surrénales : en cas de stress répété, les glandes surrénales libèrent des hormones qui stimulent le circuit de la récompense, circuit qui produit de la dopamine en devenant hyper sensible aux drogues.

 ➔ Au niveau du couplage noradrénaline-sérotonine : le couplage régule la dopamine. La drogue suractive ce couplage en provoquant une sécrétion accrue plus (+) une sur-stimulation du cortex préfrontal (le siège de prise de décisions).
Conséquence : décision de reprendre de la drogue et mal être se conjuguent.

 ➔ Au niveau de la jonction neuronale : à la longue, les neurones s’adaptent à la prise de drogues, c’est la tolérance qui engendre des doses de plus en plus fréquentes et de plus en plus fortes pour obtenir le même effet ou presque.

 ➔ Au niveau du rétrocontrôle dopaminergique : les drogues épuisent le garde fou assuré par d’autres neurones censés limiter la sécrétion de dopamine.
Conséquence : effet de la drogue et dépendance augmentent.

Les Nouveaux Produits de Synthèse : La Menace Invisible

Les NPS sont des substances fabriquées artificiellement par l’homme en laboratoire à l’aide de réactions chimiques pour imiter les effets des produits illicites tout en contournant la loi.

 Le danger pour l’entreprise : accessibles facilement en ligne et souvent indétectables par les tests de dépistage standards, ces produits présentent des risques de toxicité aiguë et des effets comportementaux imprévisibles.

 L’enjeu de sécurité : pour les chefs d’entreprise et responsables QHSE, le risque d’accident du travail lié à une baisse de vigilance ou à des troubles psychologiques est démultiplié.

Les Nouveaux Produits de Synthèse ne sont pas une simple mode passagère mais une mutation profonde du marché des drogues :

 Mutation technologique (chimie de synthèse et le numérique).

 Mutation sanitaire : l’imprévisibilité remplace la connaissance des produits classiques.

 Mutation juridique : nos institutions juridiques vont devoir passer d’une logique de liste à une logique de familles de molécules.

Le véritable danger des NPS ne réside pas seulement dans leur toxicité mais aussi et surtout dans leur invisibilité.

Invisibilité pour l’usager qui ne sait pas ce qu’il consomme et invisibilité pour les services de secours qui peinent à identifier la substance en cas d’urgence.

Conclusion : De La Compréhension Des Risques à l’Accompagnement Humain

En explorant les mécanismes complexes de l’addiction, en distinguant les produits licites et illicites pour mieux rappeler que l’alcool, le tabac et les médicaments sont réglementés, en expliquant que la réglementation et l’interdiction cherchent à protéger l’usager, en évoquant les effets des drogues sur le cerveau (substances et/ou comportements), en présentant l’émergence inquiétante des Nouveaux Produits de Synthèse, nous avons pu distinguer l’usage nocif de la dépendance qui est le principal danger de l’addiction.

La dépendance, qu’elle soit liée à une substance ou à un comportement est un mécanisme qui prend progressivement le contrôle sur la volonté car le manque peut devenir permanent.

La dépendance affecte la sécurité, le bien-être individuel voire collectif.

Ses principaux risques sont des risques :

➔ pour la santé physique et mentale.

➔ de « désintégration » de la vie sociale et affective.

➔ d’impacts sur le plan professionnel et financier.

➔ judiciaires.

Le terme RÉGÉNÈRE évoque la reconstruction et le renouveau.

Les actions de cette association particulièrement engagée prennent ici tout leur sens car elles se situent à la croisée de plusieurs enjeux : santé au travail, insertion/maintien dans l’emploi, prévention et accompagnement, coordination entre acteurs médicaux et professionnels.

Contrairement à des approches uniquement médicales ou ressources humaines, RÉGÉNÈRE propose un programme coordonné qui implique tous les acteurs :

Pour le salarié : un soutien pour concilier les soins et les contraintes professionnelles ainsi qu’un accompagnement psychologique.

Pour l’employeur : des conseils pour adapter les postes, gérer l’absence et surtout former les managers à la posture de « soignant-accompagnant » sans empiéter sur la vie privée.

Pour le collectif : des ateliers sensibilisation.

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